
Une courte histoire de Sutton
Contexte
géographique
Le Canton de Sutton est un territoire d'une forme carrée, d'environ
seize kilomètres de superficie. La Ville de Sutton est géographiquement
à son centre. Ce territoire est borné au nord par la Ville de
Brome, au sud par les frontières américaines, à l'est
et à l'ouest par les Cantons de Potton et Dunham respectivement. La
partie ouest du canton est un coin de campagne paisible dans lequel se trouvent
les activité agricoles.

L'extension nord des montagnes vertes du Vermont s'échelonne en direction
nord-est, à travers la partie est du Canton. Le plus haut sommet de
la région est le Mont Round Top. Du haut de ses 980 mètres,
cette montagne impressionne lorsqu'on s'approche de la Ville de Sutton par
la Route 139. Cette région montagneuse est grandement récréative,
offrant le ski alpin, le ski de fond, la raquette ainsi que plusieurs sentiers
pédestres. Le village de Glen Sutton est situé sur la rive nord
de la rivière Missisquoi et cette vallée de la rivière
est propice aux activités agricoles. La rivière traverse la
partie sud-est du Canton.
Les premiers habitants
Deux sites archéologiques, l'un situé près de la Baie
Missisquoi sur le lac Champlain et l'autre à la jonction des branches
nord et sud de la rivière Missisquoi dans le Canton de Potton, nous
démontrent que la vallée a été occupée
par des habitants il y a de cela deux à trois mille ans. Un plus petit
site dans le Canton de Sutton, à proximité de la ligne du Canton
de Potton, date de cette période.
Entre les années 1771 et 1774, John Collins, assistant arpenteur-géomètre
pour le gouvernement de la Province Britannique du Canada, explora la région
et trouva quelques Indiens de la tribu des Abenakis établis dans cette
région.
Les premiers colons loyalistes
Pendant la guerre de l'indépendance américaine, 1776-83, des
soldats de l'armée Britannique, sous les ordres du Général
Reidesel, patrouillaient la campagne entre les rivières Richelieu et
Chaudière le long du 45e parallèle. En raison de la guerre perdue
par les Britanniques, les loyalistes des États-Unis, qui demeurèrent
fidèles au Roi George, eurent le choix de se rétablir dans d'autres
colonies Britanniques ou de retourner en Angleterre. Les premiers colons quittèrent
les États-Unis et arrivèrent dans les Cantons de l'Est, tandis
que d'autres familles s'éloignèrent vers le nord par l'attrait
de terres à bon marché.

Entre 1792 et 1800, neuf familles de "squatters" s'établirent
dans le Canton de Sutton. Thomas Spencer et Alexander Griggs quittèrent
l'État de New York en 1792 pour s'établir entre Sutton et Abercorn.
En 1795, Joseph Soles de Rhode Island s'établit à Nord Sutton,
près de la ligne de Dunham. En 1796, Moses Westover de Massachusetts
s'établit à proximité du coin des chemins Mont Écho
et Élie et en 1797, William Marsh s'établit à Sutton,
connu pendant plusieurs années sous le nom de "Sutton Flats".

Le premier moulin
Thomas Shepard du New Hampshire s'établit à Abercorn en 1798
et fut le premier à bâtir un moulin à blé dans
le Canton de Sutton Le village près du moulin s'appelait alors Shepard's
Mills jusqu'à l'ouverture du bureau de poste en 1848, puis changea
de nom pour devenir "Abercorn". En 1799, James Miller du Vermont
suivit la Rivière Missisquoi vers l’est, jusqu'à Glen
Sutton. L'année suivante, Theophilus Hastings et Benjamin Burnett,
également du Vermont, sont venus au Canada. Cette région était
connue pendant plusieurs années sous le nom de Dodges, d’après
la taverne située à l'extrémité sud de la rue
Bridge.
En 1861, le nom de Glen Sutton fut suggéré par J.M. Ferres,
le premier membre du Parlement du Comté de Brome.
Le
Canton de Sutton
En Mars 1802, le Canton de Sutton fut établi et 308 de 200 acres chacun
furent distribués à 181 personnes. Le Canton s’avérait
particulier; normalement, un Canton était plutôt accordé
à une personne renommée ainsi qu'à ces associés.
Lors du recensement de 1803, 500 habitants occupaient le Canton de Sutton,
dont 101 étaient propriétaires de terres. Ces propriétaires
étaient composés de 82 hommes mariés, 15 hommes célibataires
et de 4 femmes. En 1832, la population avait augmenté à 825,
malgré le froid désastreux de 1816. Au cours de cette année,
6 pouces de neige sont tombés entre les 6 et 8 juin, et il n’y
eut aucun mois sans gel au sol. Récoltes perdues, faim et pauvreté
s’ensuivirent. Un bon nombre de jeunes gens ont quittés pour
s'installer dans l'ouest Canadien.

Afin de réconcilier les divergences politiques qui avaient causé
une rébellion, le Parlement Britannique vota alors l'Acte de l'union,
unifiant les districts de l'ouest du Canada et de l'Est du Canada. Au cours
de son premier mandat, la nouvelle assemblée du Canada vota l'Acte
des Conseils de Districts permettant la formation de conseils municipaux.
Lors de sa première réunion du 21 juillet 1845, le Conseil municipal
de Sutton a élu Moses Westover au poste de maire et George C. Dyer
secrétaire-trésorier. Dix ans plus tard, le 1er juillet 1855,
le Canton fut incorporé. En 1845, le poste de douanes d'Abercorn était
ouvert.
Une ouverture vers le monde.
En 1848, Sutton et Abercorn étaient dotés d'un bureau de poste.
Une ligne télégraphique était installée entre
Abercorn et Knowlton, en passant par Sutton en 1871. En 1890, Mansonville
Utilities installait les premiers téléphones à Sutton
et continuait à assurer ce service jusqu'en 1950, l'année de
son acquisition par la Compagnie Bell Canada.
Les premiers colons francophones
Dans les années 1840, les bonnes terres se faisaient rares dans les
seigneuries de l'Est du Canada et les populations francophones commencèrent
à chercher ailleurs des terres plus fertiles. Des colons francophones
tels que les Dubé, Gendron, Godue, Lusignan et Métivier arrivèrent
donc dans les Cantons de l'Est. Le premier francophone à s'impliquer
au niveau politique municipal fut Baptiste Saint-Pierre (connu sous le nom
de Battesse Sampier). Il avait été nommé évaluateur
et son nom apparaît au premier rôle d'évaluation de Sutton
en 1846 et contrôleur en 1858.
Le besoin d'un hôtel de ville devint évident et fut construit
par Alden Olmstead, selon les plans de W.M. Dow, au coût de 1,650$.
En 1912, la façade de la bâtisse fut rénovée au
coût de 5,000$ partagé entre la Ville (2,000$) et le Canton (3,000$).
La façade a été restaurée dans les années
1950 et les dernières rénovations datent de 1993.(inclure
photo 8)
Trente-huit hommes de Sutton perdirent leurs vies dans les guerres de 1914
et de 1939. Leurs noms sont inscrits sur une plaque de bronze fixée
à l'entrée de l'Hôtel de Ville et l'horloge érigée
en 1949 par la "Junior Girls Institute, commémore leur mémoire.
Ville et Canton
La Ville de Sutton obtient sa charte d'incorporation en tant que municipalité
directement de la Reine Victoria en 1896. Le premier maire était F.A.
Olmstead et le conseil nomma C.U.R. Tarte, n.p. secrétaire-trésorier.
Les raisons justifiant la séparation d'avec le Canton ne sont pas clairement
identifiées dans les procès-verbaux; toutefois, c'est probablement
en raison d'une divergence relative à l'installation d'un réseau
d'aqueduc dans la ville. Les procès-verbaux d'assemblées révèlent
que le conseil adopta une résolution pour l'installation d'un système
d'aqueduc lors de l'assemblée de février 1892. Cependant, cette
résolution fut annulée lors de l'assemblée suivante sans
qu'aucune raison figure dans le procès-verbal.
Le grand feu
Le système d'aqueduc n'était toujours pas installé le
15 avril 1898 lorsqu'un incendie détruit le centre de la ville. Les
citoyens furent avertis d'évacuer leurs maisons à 3 heures du
matin par la cloche de l'Église Méthodiste, maintenant l'Église
Unie. La "Sutton Lumber Co,. Mill" située sur la rue Maple
était en flammes. Des équipes munies de chaudières arrivèrent
à éteindre le feu à même l'eau de la rivière
Sutton, située à proximité. Le moulin fut une perte totale.
Vers 19h, la cloche sonne de nouveau. Cette fois-ci, c'était la grange
du Dr. Mac Donald située au coin des rues Mountain (maintenant Maple)
et Pleasant (emplacement actuel de l'Auberge St-Amour) qui était en
feu. Cette grange était pleine de foin et s'embrasa très rapidement.
Le vent dirigea les flammes vers la rue Principale, épargnant de ce
fait l'Église Méthodiste et l'église Baptiste, toutes
deux situées de l'autre côté des rues Pleasant et Mountain
(maintenant Maple). (inclure photo de l'église ici) Aujourd'hui, ces
églises figurent encore parmi les plus vieux et plus beaux édifices
de Sutton. Les deux églises catholiques et anglicanes furent épargnées,
celles-ci étant situées au nord au sud du village de Sutton.
Avant que les pompiers de Knowlton, Farnham, St-Jean et Richford (Vermont)
aient réussi à éteindre le feu, 35 bâtiments furent
consumés dans le centre-ville, incluant l'hôtel et la gare.

C'est à la suite de ces événements tragiques que le Règlement
6 fut adopté le 23 mai 1898 par le Conseil municipal de la Ville de
Sutton, décrétant la mise sur pied d'un service d'incendie volontaire
et l'installation d'un réseau d'aqueduc. En 1938, grâce à
l'achat d'un camion-pompe (exposé au Musée Eberdt/Héritage),
le secteur rural de Sutton, qui n'était pas desservi par le réseau
d'aqueduc, pu bénéficier des services de protection contre les
incendies. Ce fut le début d'une étroite collaboration entre
la Ville et le Canton de Sutton pour l'administration et le financement du
service d'incendie.
De 1918 à 1928, Le Canton entreprit la construction de plusieurs ponts.
Le premier fut construit dans le Village d'Abercorn, le suivant, le pont International,
fut érigé au-dessus de la rivière Missisquoi, entre Glen
Sutton et East Richford au Vermont. D'autres ponts, qui portent souvent le
nom de leur constructeur, furent érigés au-dessus des nombreux
ruisseaux du Canton. L'inondation de novembre 1927 emporta 45 ponts dans la
Vallée Missisquoi, incluant le pont International. Parmi les multiples
inondations subies dans la région, celle de 1927 fut certainement la
plus désastreuse. Des articles de journaux révèlent qu'entre
1868 et 1927, des inondations importantes sévirent dans la région
à tous les 4 ou 5 ans et la dernière ayant eu lieu en 1998.
La grande dépression
Deux événements importants se produisirent en 1929. Au mois
de juin, la Ville d'Abercorn fut incorporée en municipalité
autonome et ce fut la grande dépression causée par le krach
de la Bourse de New York en octobre. Durant les années trente, la croissance
était lente et on observa les débuts d'une tendance qui devra
avoir un impact déterminant sur la communauté. En effet, la
mécanisation des instruments aratoires rendit l'agriculture sur les
fermes en montagne plus difficile qu'avec les équipements tirés
par des chevaux. Les fermes furent donc mise en vente et souvent achetées
par des citadins recherchant une résidence de villégiature ou
un endroit tranquille pour le retraite.

L'arrivée du chemin de fer
La "Southeastern Counties Junction Railroad" atteignit Richford
au Vermont en 1871. Grâce aux démarches intensives de Asa Frary,
maire de Sutton de l'époque, et à une souscription de 63,000$
à la compagnie de chemin de fer, le train passait par Sutton plustôt
qu'à Dunham. Cette somme importante représentait plus de trois
fois les revenus annuels de la Ville. La ligne fut officiellement inaugurée
le 31 octobre lors de cérémonies à chaque gare du parcours.
La venue du train stimula l'expansion économique en facilitant l'exportation
des produits agricoles et forestiers de la région et en favorisant
l'implantation d'une industrie légère. En 1960, lors de l'ouverture
du centre de ski sur les monts Sutton par la famille Boulanger, la région
connaîtra de nouveau une telle expansion.

Développement
touristique et économique
L'arrivée de J. H. Boulanger à Sutton fut l'un des événements
majeurs des années cinquante. En association avec A. Deslauriers et
C. Dionne, il achetait la Sutton Daisy Creamery et fondait "Les Produits
Laitiers Sutton". La famille Boulanger, prévoyante et entreprenante,
initia le développement du Mont Sutton pour en faire un centre de ski.
C'est en 1950 que débutèrent ces activité, ce qui ouvrit
la voie au développement touristique de la région. Le premier
de plusieurs développements domiciliaires fut le projet Archimède
en 1983. Afin de desservir ce projet et le centre de ski, des réseaux
d'aqueduc et d'égout furent construits en 1984. Le système d'égout
fur raccordé au système de la Ville et une usine de traitement
des eaux usées fut construite par un projet conjoint de la Ville et
du Canton. L'usine d'épuration actuelle subit d'importantes transformations
pour la rendre plus conforme aux normes environnementales. Tous ces projets
ont bénéficié de subventions très généreuses
du Gouvernement du Québec.

Le Bureau de tourisme et congrès de Sutton fut établi en 1980.
Il est remplacé aujourd'hui par la Corporation de développement
économique de Sutton qui opère le Bureau d'information touristique
de Sutton avec l'aide financière de la Ville de Sutton. C'est grâce
au développement touristique et récréatif que notre région
offre maintenant les services de qualité d'une multitude de boutiques,
restaurants et auberges. Bien que plusieurs autres exemples d'entrepreneuriat
ne sont pas mentionnés dans ce bref historique, il contribuent grandement
à rendre vivante et intéressante cette communauté que
nous appelons SUTTON.
Communications et informatique
Le service téléphonique fut prolongé dans la zone rurale
et un programme d'électrification des régions rurales fut élaboré
par le Gouvernement du Québec à la fin de la guerre de 1945.
Aujourd'hui, les services d'internet DSL et Haute vitesse sont à la
portée de nos résidents.
La Bibliothèque de Sutton fut fondée en 1949 et le Canton de
Sutton ouvra une bibliothèque municipale et scolaire en collaboration
avec l'École de Sutton en 1995. Celle-ci offre des services multimédia
et est affiliée au Réseau Biblio de la Montérégie.
La Ville de Sutton et le Canton de Sutton ont été fusionnés
en 2002.
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